Espagne : une allocation universelle de 200 euros par enfant à l'horizon 2026 ?
Une bouffée d'oxygène pour les familles espagnoles ? Le gouvernement espagnol envisage une aide mensuelle de 200 euros par enfant à partir de 2026, une mesure qui pourrait transformer le quotidien de près de 530 000 enfants et jeunes.

Une mesure ambitieuse pour lutter contre la pauvreté infantile
Cette proposition, longtemps défendue par le parti Sumar, prend de l'ampleur. L'objectif : garantir un revenu direct à toutes les familles avec enfants jusqu'à l'âge de 18 ans, un filet de sécurité financierpotentiellement déterminant face à un taux de pauvreté infantile alarmant, l'un des plus élevés de l'Union Européenne. Près d'un tiers des enfants espagnols vivent sous le seuil de pauvreté, un chiffre bien supérieur à la moyenne européenne.
L'initiative est au cœur d'une révision de la stratégie de développement durable 2030, un effort visant à renforcer l'État providence et à réduire les inégalités. Un rapport de UNICEF, publié en novembre 2025, estime que cette allocation pourrait réduire la pauvreté infantile de 7,1 points de pourcentage, sortant ainsi plus de 530 000 enfants de la précarité. Un chiffre qui donne le poids de cette mesure.
Le calendrier reste cependant incertain. L'intégration de cette aide dans les budgets généraux de l'État pour 2026 est l'objectif prioritaire du ministère des Droits sociaux, du Consommateur et de l'Agenda 2030, mais la validation par le ministère des Finances, sous l'égide de María Jesús Montero, représente un défi majeur. La ministre des Finances, prudente, insiste sur la nécessité d'évaluer l'efficacité des dispositifs existants avant d'en créer de nouveaux.
Face à cette résistance budgétaire, le ministre Pablo Bustinduy ne recule pas. Il envisage même la création d'une taxe de 2% sur les grandes fortunes (patrimoine supérieur à 100 millions d'euros), une mesure qui pourrait générer 5,2 milliards d'euros selon l'Observatoire Fiscaux de l'Union Européenne. Une proposition audacieuse, mais justifiée selon le ministre par l'urgence sociale. Il précise que si le chemin budgétaire se révèle impossible, une ordonnance pourrait être utilisée pour mettre en place l'aide, en invoquant les besoins urgents des familles.
L'idée d'un mécanisme fiscal correctif pour les foyers les plus aisés, afin de récupérer une partie de l'aide, est également à l'étude. La décision finale, et son impact sur le quotidien de millions d'enfants, reste à prendre. Et l'enjeu est bien plus grand qu'une simple question budgétaire.
Cette allocation universelle n'est pas seulement une question d'argent : c'est une reconnaissance du droit à l'enfance, un investissement dans l'avenir du pays. Une affirmation forte, dans un contexte européen marqué par une montée des inégalités.