economie

Khosla: adieu le travail, bonjour la passion (et l'abondance?)

Vinod Khosla, le capital-risqueur qui a parié sur OpenAI bien avant que le terme ne devienne un mantra technologique, lance une prédiction audacieuse : dans moins de quinze ans, la majorité des enfants n'auront plus besoin de travailler pour survivre. Une vision radicale qui secoue les fondations de notre modèle économique, et qui pourrait bien redéfinir ce que signifie être humain.

L

L'ia, un remplaçant à 80%

Dans une récente interview accordée à Fortune Magazine, Khosla estime que l'intelligence artificielle et la robotique seront capables d'accomplir jusqu'à 80% des tâches actuellement effectuées par des humains d'ici 2030. Un chiffre qui, s'il se concrétise, aura des conséquences considérables sur le marché du travail, et sur la société dans son ensemble. Il n'est pas question, selon lui, de remplacer l'humain, mais de le libérer des tâches répétitives et dégradantes, pour le diriger vers des activités plus épanouissantes.

L'investissement de Khosla Ventures dans OpenAI, 50 millions de dollars en 2019 pour une valorisation d'un milliard, témoigne de sa capacité à anticiper les tendances technologiques. Il considère que la course à l'IA entre les États-Unis et la Chine est une véritable guerre tecnoéconomique, dont l'issue déterminera l'avenir du pouvoir économique mondial.

Mais Khosla ne s'arrête pas à la simple observation. Il envisage un scénario où l'abondance technologique rendra le travail presque gratuit. “La nécessité de travailler disparaîtra”, affirme-t-il, “Les gens continueront à travailler sur les choses qu'ils veulent faire, et non parce qu'ils doivent travailler.” Une vision utopique, peut-être, mais qui pousse à une réflexion urgente sur la manière dont nous allons nous adapter à un monde où le travail, tel que nous le connaissons, pourrait bien devenir obsolète. Il n'hésite pas à qualifier les emplois manuels comme ceux des chaînes de montage ou de l'agriculture de “servitude”.

Cette vision rejoint celles d'autres figures de la Silicon Valley, comme Boris Cherny, créateur de Claude Code, qui prédit la disparition du poste d'ingénieur logiciel dès l'année prochaine, ou Dario Amodei, PDG d'Anthropic, estimant que 50% des emplois de bureau de niveau débutant pourraient être automatisés. Une vague de transformations qui, si elle se confirme, bouleversera profondément nos vies et nos aspirations.

Khosla tempère cependant son optimisme : pour que cette vision se réalise, les États-Unis doivent prendre l'avantage dans cette course technologique. Il projette un avenir où 30 000 dollars permettront d'acquérir une puissance d'achat équivalente à celle de 100 000 dollars aujourd'hui. Un monde de technologie abondante, de prix bas et, surtout, d'une libération de l'exploitation humaine.