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Ormuz : le golfe se rouvre-t-il pour le gnl qatari ?

Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, vital pour l’approvisionnement énergétique mondial, semble s’assouplir. Deux méthaniers qataris, Al Daayen et Rasheeda, se dirigent vers cette voie maritime stratégique, une première depuis le début des hostilités entre Israël et l’Iran, et un signal encourageant pour les marchés de l’énergie.

Un détournement majeur des flux énergétiques

Ces navires, qui avaient été immobilisés dans le golfe pendant des semaines, en raison de la menace accrue de tensions géopolitiques, ont repris leur route vers l'est. L’Al Daayen vise apparemment la Chine, le premier acheteur mondial de GNL, tandis que le Rasheeda est sous la gestion de Nakilat. Le fait que ces navires aient pu reprendre la navigation est d'autant plus significatif qu'il met en lumière l'impact direct des conflits sur les chaînes d'approvisionnement énergétiques globales.

Le détroit d’Ormuz représente une cinquième partie du commerce mondial de GNL, et sa fermeture effective, consécutive aux attaques américano-israéliennes contre l’Iran, a provoqué une perturbation majeure. Bien qu'un seul pétrolier, apparemment sans cargaison, ait réussi à traverser le détroit durant le week-end, la situation restait tendue. QatarEnergy, l'opérateur de la plus grande usine d'exportation de GNL au monde, basée à Ras Laffan, a vu ses opérations considérablement restreintes, malgré des livraisons récentes de GNL vers le Koweït, provenant de ses réserves de stockage.

La main de trump et la diplomatie énergétique

La main de trump et la diplomatie énergétique

Les mouvements des navires dans le golfe sont, de surcroît, difficiles à interpréter avec certitude. Les interférences électroniques et les désactivations intentionnelles des transpondeurs, une pratique courante dans les zones à risque, compliquent le suivi précis. Mais la tendance est claire : l'Iran semble assouplir son contrôle du détroit, autorisant le passage des navires associés à des pays considérés comme proches des États-Unis, notamment la France et le Japon. La menace implicite de Donald Trump d’attaquer des infrastructures énergétiques iraniennes n'a pas, pour l'instant, entraîné de nouvelles restrictions.

Le Qatar, qui fournit déjà près d’un cinquième du GNL mondial, pourrait bénéficier significativement de cette ouverture. La reprise du trafic via Ormuz lui permettrait d’évacuer les cargaisons accumulées et de relancer ses exportations, une bouffée d'oxygène pour un marché mondial en proie à l'incertitude. Il ne reste plus qu'à observer si cette fenêtre d’opportunité se traduira par une normalisation durable des flux énergétiques, ou si elle ne s’avérera qu’un répit temporaire face à une situation géopolitique instable.

Selon Kpler, le passage du Al Daayen et du Rasheeda pourrait valoir à Qatar plus de 50 millions de dollars, témoignant de l'importance économique d'un détroit rouvert.