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Pfizer et innovent s'allient pour 10,5 milliards : la chine accélère la course aux oncolytiques

Un partenariat colossal entre Pfizer et la biochimie chinoise Innovent, estimé à 10,5 milliards de dollars, témoigne d'une soif insatiable de médicaments anticancéreux en Chine, malgré les tensions géopolitiques croissantes.

Une coiffe financière record pour booster la recherche

L'accord, qui comprend un versement initial de 650 millions de dollars et des contingences potentielles atteignant 9,85 milliards, marque un tournant dans la stratégie de Pfizer visant à consolider sa position sur le marché oncologique. Cette opération, qui fait suite à l'acquisition de Seagen pour 43 milliards de dollars l'an dernier, illustre la pression exercée par la concurrence et la nécessité de diversifier les sources de revenus.

Innovent, déjà reconnue pour ses inhibiteurs de PD-1 comme Tyvyt, un traitement approuvé en Chine pour huit types de cancers, confirme sa place de premier plan dans le secteur biopharmaceutique chinois. La société a également récemment obtenu l'autorisation d'utiliser mazdutida, un autre médicament anticancéreux, rivalisant avec les solutions proposées par Lilly et Novo Nordisk.

Le regard de washington s

Le regard de washington s'inquiète

Cette envolée chinoise ne passe pas inaperçue aux États-Unis. John Moolenaar, président du sous-comité sur la Chine à la Chambre des Représentants, a récemment appelé le Secrétaire Trésor à restreindre les licences d'exportation dans le secteur biopharmaceutique, craignant que le capital américain ne stimule excessivement la montée en puissance de la Chine dans la chaîne de valeur pharmaceutique. Une critique acerbe, mais sans pour autant freiner l'ambition des acteurs occidentaux.

Si les préoccupations géopolitiques persistent, les accords comme celui-ci ne cessent de se multiplier. Bristol-Myers Squibb et Jiangsu Hengrui Pharmaceuticals ont récemment conclu un partenariat de 15,2 milliards de dollars, et les entreprises chinoises ont enregistré plus de 60 milliards de dollars d'accords de licence à l'étranger au premier trimestre. Pfizer, lui, investit massivement dans des domaines clés comme la lutte contre l'obésité, notamment avec l'acquisition de Metsera, et explore de nouvelles pistes grâce à une collaboration avec OpenAI, dans le but de développer de nouveaux médicaments.

Vers une diversification stratégique

Vers une diversification stratégique

L'objectif affiché par Pfizer est clair : renforcer sa carte de produits et accélérer le développement de solutions médicales innovantes. La pression exercée par la concurrence, notamment sur ses médicaments les plus rentables, incite la direction, dirigée par Albert Bourla, à explorer des partenariats stratégiques. L’acquisition de Hangzhou Sciwind Biosciences pour une thérapie contre l’obésité, ecnoglutida, en est une illustration. Le secteur chinois, en pleine effervescence, continue de séduire les géants pharmaceutiques internationaux, malgré les risques et les incertitudes.