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Renault : vagueances et recuts, un plan de destruction visible

Renault se lance dans une purge brutale de son effectif d'ingénieurs. Un plan de réduction de 15 à 20% de sa main-d'œuvre globale, c'est le message clair qui s'impose. Une décision qui sonne le glas d'une ambition de croissance, en particulier face à la montée en puissance fulgurante de BYD.

Le slasher technologique : une réorientation stratégique

L'annonce, bien qu'évasive sur les destinations des suppressions, confirme une redéfinition radicale de la stratégie du groupe. Les projets à valeur ajoutée, l’innovation et la phase de conceptualisation – le cœur de l'ingénierie française – seront désormais concentrés sur le sol hexagonal. Une ségrégation qui risque de déstabiliser les équipes et de fragmenter les compétences.

Les chiffres sont alarmants : plus de 2 000 ingénieurs pourraient être concernés, sur une base de 11 000 employés dans la division d'ingénierie. Une hémorragie dont les conséquences à long terme restent floues, surtout avec l’ambition de Renault de déployer 36 modèles d’ici 2030.

La chine, un terrain d

La chine, un terrain d'expérimentation. et de départs ?

Alors que Renault s'appuie sur les technologies chinoises, notamment pour le Twingo électrique, et explore les opportunités de Shanghaï, le groupe semble prêt à sacrifier une partie de son expertise en France. L'intégration de composants chinois et le développement de nouveaux modèles ne suffisent pas à masquer la pression exercée sur les coûts. Laurent Giblot, représentant du syndicat CGT, n'hésite pas à parler de « démantèlement » du département d'ingénierie, un verdict qui résonne avec inquiétude.

La direction, sous la houlette de François Provost, a déjà mis en place une structure simplifiée, avec un seul directeur technique, Philippe Brunet. Mais cette simplification ne prépare pas forcément à la complexité d'un tel recul. Les équipes en Espagne, Roumanie, Inde, Corée, Maroc, Turquie et au Brésil devront désormais s'adapter à cette nouvelle donne, avec des objectifs de réduction de personnel définis par chaque pays, selon leurs projets.

Le groupe se veut pragmatique, se concentrant sur la production des R5 et Clio, et s'inspirant des succès de BYD. Mais cette approche, à court terme, risque de compromettre la capacité d'innovation à long terme et de fragiliser la position de Renault sur le marché automobile européen.