New glenn : blue origin frôle un lancement crucial, un échec amère
Un jour amer
pour Blue Origin, troisième vol de son lanceur New Glenn. Malgré quelques records pour le conglomérat spatial de Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon a vu son ambition s'écrouler : le satellite AST SpaceMobile, dont il attendait la libération, a atterri dans une orbite erronée, condamné à une inutilité certaine.Un succès technique, une déception orbitale
Le New Glenn, successeur du New Shepard, représente une avancée significative, dépassant les performances du Falcon 9 de SpaceX. Avec ses 98 mètres de hauteur et sa capacité de charge de 45 000 kilos, ce cohésion de deux étages, conçu pour le réutilisation, marque une étape cruciale dans l’ambition de Blue Origin. Le vol NG-3, lancé depuis Cape Canaveral la semaine dernière, visait à prouver la viabilité de la technologie, en intégrant pour la première fois un lanceur réutilisable et un atterrissage automatique. Un pari audacieux qui, hélas, s’est soldé par un échec retentissant.
L’opération d’atterrissage de la première étage, remarquée par Elon Musk sur X (Twitter), a été un succès technique, mais la libération du satellite BlueBird 7 s’est avérée catastrophique. La trajectoire a dévié de 460 kilomètres, une erreur de calcul qui compromet l’ensemble du projet d’AST SpaceMobile et son ambition de fournir des communications par satellite 5G.

Le coût de la confiance et les conséquences
Bien que la deuxième étage du New Glenn soit conçue pour se désintégrer dans l'atmosphère, cette mésaventure soulève des questions fondamentales sur la fiabilité de Blue Origin et la gestion de ses missions. La perte de ce satellite, un élément clé du réseau de 60 unités prévues par AST SpaceMobile, représente un revers majeur pour le programme.
La FAA (Federal Aviation Administration) américaine va ouvrir une enquête approfondie, et il est fort probable que les futurs vols soient temporairement suspendus. La question de la confiance, déjà fragile pour Blue Origin, est désormais compromise. Les retards de planification et les complications logistiques associés à la construction du réseau de satellites d’AST SpaceMobile sont, à présent, mis en lumière. L'enjeu est colossal : un satellite perdu peut nécessiter des années de développement et de reconstruction, un coût prohibitif pour un projet aussi ambitieux.
La situation devient d'autant plus critique compte tenu des nombreux contrats de lancement de satellites d’Amazon Leo déjà engagés avec Blue Origin. Une nouvelle défaillance de ce type ne serait tout simplement pas tolérée. Jeff Bezos devra impérativement redorer son image et prouver la capacité de son entreprise à garantir la fiabilité de ses opérations.