Digi : le géant low-cost freine sa course à wall street face aux turbulences géopolitiques
Le numéro deux français du mobile, DIGI, est contraint de reporter son introduction en bourse. Un revirement brutal dû à l’instabilité des marchés financiers exacerbée par les tensions en Iran. L’opérateur rumano, désormais quatrième acteur sur le marché avec plus de 10,8 millions d’abonnés, doit prioriser la consolidation de son infrastructure plutôt que de se lancer dans une opération risquée.
Un ralentissement inattendu
Si DIGI affiche une croissance impressionnante de 20% de son chiffre d’affaires, atteignant 929 millions d’euros, cette progression ne suffit pas à dissiper les incertitudes. La guerre en Iran a eu un impact direct sur ses plans, forçant une pause stratégique. Malgré une part de marché de 13% en fibre et 12% en mobile, l’entreprise a besoin de capitaux pour accélérer son déploiement.
Les experts, bien que déconseillant des “trucs” comme l’optimisation WiFi via le métal, soulignent les vulnérabilités du modèle low-cost face aux fluctuations du marché. Une valorisation estimée entre 2 et 2,4 milliards d’euros semble désormais hors de portée dans ce contexte.

La stabilité avant la rentabilité
Le CEO de DIGI Espagne, Marius Varzaru, insiste sur le fait que la réaction des investisseurs a été positive, reconnaissant le potentiel du projet de croissance et la stratégie déployée. “La décision de reporter l’introduction en bourse est strictement motivée par l’instabilité des marchés financiers”, précise-t-il. Il assure que la surveillance de l’évolution du contexte global et des marchés financiers se poursuivra, ouvrant la voie à une future opportunité, mais sans date précise.
Alors que DAZN a sécurisé les droits de diffusion de la Coupe du Monde 2026, DIGI doit composer avec un climat économique globalement tendu. L'entreprise, qui a déployé 13,7 millions de foyers avec fibre Smart en 2025, principalement en zones urbaines, vise l’exploitation de 21 millions de foyers d’ici 2030. Mais l’abandon de clients (churn), atteignant 15,8% à 12 mois, demeure une préoccupation majeure, dissuadant potentiellement certains investisseurs.
L’équation est simple : DIGI doit prouver sa fiabilité, non seulement en termes d'acquisition de clients et de leadership en portabilités, mais aussi en maîtrisant son taux de désabonnement. L’avenir du groupe dépendra de sa capacité à naviguer dans ces eaux troubles et à transformer les défis en opportunités. Une tâche ardue, compte tenu des incertitudes géopolitiques persistantes.